Les souvenirs qui reviennent des feux de cheminées

Avec l'anticipation de la crise hivernale dans un mouvement étonnant dont la société a le secret, ceux qui hier firent arrêter les dernières cheminées en ville sont ceux qui les rallument en premier.


Dans les années 70, la ville où j'ai grandi se faisait traitée de ville de province car
  • on y avait des vendeurs d'animaux ... pour l'élevage au marché
  • les gens élevaient encore des animaux en ville ...
  • et çà chauffait encore au bois ... dans les quartiers pôvres
Mais voyez-vous le même gars qui il y a 50 ans demandait au nom de la modernité que l'on arrête une pratique polluante qui menaçait la planète est aujourd'hui celui qui brandit le badge du retour à la Nature et aux circuits courts pour allummer son feu. En fait, à croire que la seule mesure de l'usage raisonnable en ville c'est le bon bourgeois.

Ceci étant dit, l'odeur du feu dans les cheminée, j'ai grandi avec et elle est parfois plaisante, parfois déplaisante. Les charbons (lignites et coke) n'ont pas la même odeurs que les essences naturelles, ni les bois de chantiers, de cagettes, et même les essences naturelles ne se valent pas toutes.

Genre, quand je vais visiter ma belle famille, leur région chauffe à la tourbe, reconnaissable à son ordeur lourde et souffrée que l'on retrouve dans les montagnes par chez eux. Normale, leur région est encore aujourd'hui une région de mines de charbons.

J'ai grandi dans une région tempérée où l'arbre à feuille caduque domine : je ne saurais pas décrire son odeur car c'est comme dira toute personne habituée à une odeur : c'est l'odeur normale, celle que par définition on oublie.

Par contre tu vas genre dans le jura (le pays des sapins garous), et bien tu peux pas louper l'odeur de résineux dans l'air quand quelqu'un fait un feu de cheminée. Son odeur un peu acide caractéristique de pin.

Vous allez me demandez, émigrés du Vexin en pays Toulousain quelle est donc l'odeur du feu de cheminée à Toulouse ?

Je dirais charge de CRS quand les gazs lycrimo commencent à se dissiper...

Les mecs ont clairement eu la brillante idée d'épargner sur le gaz cet été, ont coupé le bois l'ont entreprosé depuis lors, et le ressortent maintenant.

Le bois humide, en cheminée, mais ça te fait pleurer les yeux dans un rayon de 50m.

Je suis content que l'odeur du feu de cheminée revienne, mais je suis impatient que les gens se souviennent -apparemment ça va être à la dure- de comment bien le faire. Sécher le bois au moins deux putains d'années spèces de maringouins de néo ruraux urbains, (donc son entreposage et parfois son vol), ramonage, quand on le taille de ne pas utiliser les lieux publiques comme chantiers où l'on laisse trainer des trucs pointus ... bref, ce rétro-progrès qui ramène des souvenirs d'enfance agréables de camps de scouts, amène aussi son lot de "le progrès c'était pas si mal".

D'ailleurs je vais conclure sur ce qui ne manque pas en terme d'odeur de combustion : l'essence avec plomb.

Ayant le nez sensible, j'avais des croutes de sang qui se formaient dans le nez et n'attendaient qu'une excuse pour me vomir des torrents de sang dans les moments les plus malaisants possibles.

PS : Même dans les années 80 à CERGY tu avais encore des bicoques avec les toilettes au fond du jardin et la maison non raccordée au tout à l'égoût.

La dictature de l'horloge

Ce matin mes horloges numériques ont magiquement reculées d'une heure, les électro-mécaniques sont restées sur le fuseau d'hiver, et comme à chaque fois ... je suis pantois.

Le temps est une dimension physique. Le soleil a un zénith prédictible tout les jours (on appelait ça midi bien avant la normalisation des horaires).

Avant l'invention du chronographe, littérallement TOUTES les villes du monde coinçaient le midi de l'horloge au centre du fronton de l'église au centre du village sur le zénith.

Ca a commencé à poser des problèmes quand on voulait donner des horaires aux gens qui faisait Paris-Brest (en Bretagne pas en Russie) car avec 29minutes de décalage solaire. Ca faisait l'incertitude qui sépare le voyageur heureux du mécontent. Donc pour éviter que les voyageurs loupent leurs trains on a synchronisé les horloges sur les pays genre au XIXé.

En informatique la gestion des fuseaux horaires est un casse tête.

Je pense que la liste des bugs incluant les zones où la même population sur le même territoire a deux fuseaux horaires avec changements horaires distincts devrait vous éveiller au caractère arbitraire et purement politique de l'horloge sociale.

Je pourrais disserter sur pourquoi nous chantons avec nos enfants les débuts de quand l'Eglise décida que fixer l'horloge de TOUS permettaient de tatanner le cul des sarrazins , mais j'ai envie de dire on s'en fout. Les dissertations ça manque de poésie.

Ma vie de pôvre

J'ai eu à tirer le diable par la queue. Cette vie vous laisse en contrôle de peu des choses physiques. Sans argent on bouge pas beaucoup, et on choisit pas beaucoup ses horaires ni sa paie.

Le temps sur terre avec ceux que tu aimes deviens ta seule richesse.

Tu peux penser autrement, mais si tu le fais, je te garantie que tu vas pas survivre longtemps, question de pas lâcher prise.

Donc, ta femme trouves pas de jobs. L'aide au retour d'expat est de 5€/jours, et t'as 0 aides de ta famille. Même si ta famille paie l'ISF rien ne l'oblige ni moralement ni légalement à t'aider, hein ?!

Donc, la vraie pauvreté sans aide. Pas celle des minots étudiants que les parents ont décidé d'endurcir en les obligeant à prendre un job d'étudiant, et qui comme des enfants gâtés qu'ils sont pourrissent la job des autres parce qu'ils ont un mépris royal de la job des autres.

Le boulot que j'avais on avait pas d'étudiant qui le faisaient. Päyé 75€/jour que tu bosses 7 ou 12 heures et plutôt 12 que 7, quand tu bosses 12h tu vois pas beaucoup ta femme.

Et même si t'as genre 20€/jour hors dépenses contraintes (le loyer d'un pauvre c'est 500€ pour 16m² dans un garage) pour vivre à 2, ben, t'apprécies le temps que tu passes heureux.

Claquer de temps en temps 3€ pour une fougasse d'aigues mortes, ça fait des souvenirs.

Donc le matin t'embauche au lever du soleil, pour partir à la fraîche. C'est comme un marché à la criée. Pas de CDI, tu te pointes la gueule enfarinée devant le bureau et le patron décides de si t'auras ton contrat de chantier le matin. 7 heures et demi au forfait, dont une heure de pause (lol).

On part à la fraîche parce que conduire avec la lumière c'est moins fatiguant, et que les déménagements se faisant en été on préfère éviter les efforts au max de la température.

70mètres cubes sous 36°C j'ai fait pour vous, ça fatigue le palpitant.

Et le patron qui chie à la raie du déposé parti : normalement, ton truc tiens dans 7h30 tu termines plus tôt, tu te casses. Nous on faisait jusqu'à 3 chantiers dans une journée quand les bras cassés qui prenaient la job pour des obligations légales (sortie de zonzon) foutaient le dawa. Genre les mecs ils te jettent des antiquités en tas dans le camion.

Bref, quand t'es pauvre, la tyrannie de la montre autant que ses bienfaits, tu le sens toute la journée.

Que t'ais fait un 3h du matin 21h le jour d'avant sans prime, ton patron s'en fout. Si tu viens pas, il sait que tu veux plus travailler.

Après tout c'est lui qui décide ou pas si il t'embauche le matin. Arbitrairement. Mais toi, comme un toutou qui remue de la queue, tu es content tout les matins où il te reprend.

C'est quoi un bon ouvrier ?

Celui qui ne chouine pas quand on lui vole son temps.

Tu vas t'y déménager une école ? Tu vas poireauter des heures parce que les profs décident de t'accueillir, laisser des portes ouvertes ou pas selon leur bon vouloir.

Les profs sont les pires clients que j'ai jamais eu : méprisant, se torchant le cul avec les horaires et t'expliquant comment faire ta job alors qu'ils ne savent même pas porter une caisse. Prompt à éxiger le temps et la ponctualité des autres, mais les premiers à t'obliger à quémander la leur quand ils sont peinards en train de toucher leurs heures supp à papoter dans la salle café.

Bref, dans le jargon on dit qu'ils parlent comme des livres. Ils peuvent tout t'expliquer sur comment et pourquoi faire les choses, mais ils savent rien faire pour de vrai.

Ce sont les seuls à te faire perdre ton temps car ils sont incapables d'être à l'heure et à ne même pas t'offrir le café gratuit pour eux de l'école.

Après, le rapport à l'horloge (quand), il y a un 2éme aspect qui n'est plus en contrôle : la durée ainsi. Genre, un chantier ça se compte en jours (surtout quand c'est loin). Tout doit être fait dans le temps imparti, et quand le client te fait poireauter, tu compenses en dépassant les horaires, car le patron il compte toujours trop court. C'est donc le genre de client qui te vole littérallement ta vie comme un vampire.

T'as aussi, tel en informatique le client qui change ses demandes toutes les 3 secondes le client indécis. C'est surtout vrai pour les déménagements qui rapportent le plus : les tout inclus.

Vu le prix, je vous garantis que c'est que les riches, et que c'était les clients les plus chiants.

Le 120m3 devient 140m3 car ils ont décidé de démémager aussi leurs ordures qu'ils trieront plus tard. T'es là en mode : sérieusement ?!. Et le chef de chantier qui lève les yeux au ciel.

C'est aussi ceux qui ont des frigos, des meubles qui pèsent le poids d'un âne mort genre des tables basses avec des plateaux de 200kg, des trucs en verres qui cassent ... Evidemment, ce sont les seuls clients qui vont te faire remonter/démonter les meubles (ultra lourd je rappelle) car ils ne sont pas dans la bonne pièce.

C'est surtout aussi et surtout eux qui confondent les déménageurs avec les ré-aménageurs intérieurs. Tu déplaces des charges lourdes toute la journée que t'as déjà déposées car le client change d'avis.

Vous savez pas comment voir son temps à la merci de l'arbitraire au quotidien que ce soit et pour le réveil et pour la durée est épuisant. Surtout quand cet arbitraire ne correspond en rien à quelque chose d'utile pour personne, mais juste à des caprices, des démontrations de pouvoirs d'individus malheureux qui n'ont plus que faire chier les autres comme seul plaisir et l'on se demande ces jours là, de quels droits ces gens nous volent littérallement notre seule richesse sans vergogne. Notre seule richesse étant de pouvoir rentrer tôt à la maison profiter de la seule chose qui nous est chère : l'être aimé.

Donc, ma perception du temps n'est plus la même qu'avant.

L'horaire fixe est une tyrannie condamnable que sa définition soit solaire, astronomique, religieuse, écologique ou politique tant que le temps du pauvre et sa durée de travail sont flexibles.

Découvrir que son temps avec les gens que l'on aime est la seule richesse terrestre que l'on possède permettrait de remettre l'horloge au centre du fronton de l'Eglise au centre du village à l'heure. FUCK LES HORLOGES.

Et vous savez quoi ? Les réunionites c'est ni plus ni moins que les messieurs dames qui passent leur vie à cocher des cases en entreprise qui viennent vous rappeler qui tient le chrono.

Le seul bon fuseau horaire est celui où nous pouvons profiter plus de ceux que l'on aime, tout le reste est fariboles. Et ... changer le fuseau horaire ne changera rien à ça.

Les maths de la tulipe

Je me souviens de mon frère en DEA d'économie appliquée me montrant ses équations qu'il comprenait pas. C'était des matrices de flux. De la thermo de base appliquée à de l'économie.

C'est pas choquant de prendre un domaine de la physique et de l'utiliser pour modéliser les flux monétaires en faisant l'analogie monnaie = énergie et de dire que quand il y a plus de monnaie qui circule, c'est un peu comme un moteur en panne sèche.

Par contre, ce qui me grattait, c'était les thermostats présents partout dans les équations. Des mécanismes de régulations qui faisaient que le système était pas conservatif.


Je m'explique : t'imagine tu fais une simulation de pompe qui a 3 organes un qui pompe mécaniquement un fluide, l'autre qui le rejette et un au milieu qui transfert la chaleur nécessaire au mouvement. Tu peux -si le fluide pompé a un différentiel positif notable de température avec la pompe- prélever de la température pour actionner la pompe. C'est le plus simple des moteurs (source froide/chaude aka Stirling).

Dans un système conservatif, tu peux pas pomper à l'infini la chaleur car ta pompe transfert de ton milieu de départ à ton milieu d'arrivée donc ... à l'infini, ta pompe arrête de fonctionner car ton différentiel de température est nul.

Pas en économie.

Imagine les états qui adorent le marché libre et ouvert car il converge à l'équilibre adorent rajouter des mécanismes de subventions directes (subventions de l'essence) ou indirect (Quantitative Easing) sans fond.


Les mecs te font un moteur qui peut s'emballer à l'infini en mettant une source de monnaie non limitée.

C'est en jargon financier une crise de la tulipe.

Quand un marché est serré du kiki sur une ressource on appelle ça de l'inflation : le marché se régule en augmentant les frictions sur des ressources (ici le pétrole) ce qui renchérit le coût de certaines production, mais diminue les usages parasites.

Je vais être provocateur, mais entre utiliser du pétrole pour faire de la cortisone ou le cramer pour faire griller 2 steacks pour impressionner son boss au BBQ du dimanche, ou faire le kéké en forêt sur sa moto : quelques un des usages ne profitent pas vraiment à l'optimisation de l'usage pour la communauté.

Le marché permet normalement à l'équilibre de faire disparaître les usages non rationnels d'une ressource... Sauf si ... l'état subventionne à fond perdu les usages parasites à l'économie.

Ce qui est en train de se passer avec les subventions pour le pétrole/gas/diesel.

Je vous gâche la fin ! La terre n'est pas infinie, on peut générer de la dette, mais littérallement tout nos échanges finissent en échange de biens/ressources réels. Je sais que la part a diminué formellement dans les stats mais dans la pratique tu survis pas longtemps sans manger.

Les subventions sont en train de nous détourner d'agir prestement et nous enferre dans le problème.

Pourquoi l'énergie est à 1000€/kwh vs 60€ il y a un an ? (x 20)


À cause du prix des hydrocarbures.

Mais qu'est ce que les hydrocarbures ont de spéciaux comparés à l'énergie atomique et renouvelable ?

Du point de vue de la physique 2 choses : la densité énergétique volumique (pétrole au top, suivi de gas, alcool, charbon et loin derrière hydrogène), et SURTOUT, la puissance instantannée délivrable.

Comparé à l'atome, les hydrocarbures sont un gâchis : on récupère que d'alle en énergie par kilogramme brûlé, PAR CONTRE, le 0 à 100 en terme de changement de régime pour une turbine c'est de l'instantanné. Le nucléaire à coté c'est une bagnole t'appuies à fond sur la pédale d'accélérateur et t'attends 2h avant que ça double, et tu as beau relâcher la pédale, ça prend genre 4 heures à descendre. Les hydrocarbures, à coté, c'est vroum vroum, bien nerveux.

Les hydrocarbures sont facilement pilotables en PUISSANCE (vs énergie). La puissance c'est la capacité à varier ton énergie délivrée par unité de temps.

Revenons à nos moutons. Pourquoi l'Europe souffre à 9h du matin quand la journée démarre ?


Parce que notre économie héritée de la guerre est optimisée pour livrer vite dans une logique centralisée. L'Europe a une horloge, celle du IIIé Reich, et en France le zénith du soleil est à 14h.


Synchroniser TOUTE la vie sur 2 fuseaux horaires a des avantages : la logistique est aux petits oignons, tu programmes ton camion qui part de Brest -france- à 6h pour arriver à Brest à -russie- 17h sans soucis. Par contre, ça veut dire 500 millions d'humains qui se lèvent la tête dans le paté à la même heure, prennent leurs douches, allument leurs bouilloires, se prennent les embouteillages pour déposer les gosses PUIS aller au travail en même temps. On se paie même le luxe de diminuer l'efficience du pétrole en s'auto-déniant l'usage efficient de l'énergie en créant les conditions d'une congestion (embouteillage, pics d'usage).

Et ça ce problème qui se résoudrait en changeant notre rapport au temps, et l'unique problème à résoudre, mais à la place, on préfère perservérer dans notre civilisation du lapin blanc sous acide qui poursuit son horloge.

Notre civilisation EST FOLLE !

J'ai été formée à l'Informatique appliquée, l'informatique actuelle c'est spécial.

Quand tu es pauvre, que la canicule met un couvercle sur tout tes mouvements, tu ne bouges plus que par la pensée. Tu regardes des trucs où les gens font ce que tu peux pas faire.
Puis, tu t'étends sur le sol pour pomper le 30°C de froid que tu peux choper, et tu t'aperçois qu'à force de pas bouger vivre de la fiction des autres, tu peux plus empêcher les pensées de sortir, tu ne plus t'empêcher d'exister.


C'est chiant.


La pauvreté c'est un elixir. Ça te coupe de l'influence des autres. Ça a des cotés chiants. Ça des cotés sympas. T'as plus d'informaticiens à qui causer, tu dois causer à des non professionnel, sans jargon.

Genre ma femme.

Des fois, j'essaie de lui faire comprendre ma frustration avec les informaticiens.

Disons que la majorité des informaticiens que je rencontre sont pas ma tasse de thé, du fait de leur préjugés sur ce qui fait du bon code et des bons codeurs.

Que ça se termine en débat ésotérique et technique alors que le problème est profondément humain est social, donc culturel. Yep, au sens de François Villon ou Public Ennemy : du viscéral.

J'ai été formé à concevoir des microprocesseurs. Des sous merde de CPU de la précédente génération justes à bonnes à terminer dans les imprimantes. (Information amusante, ce sont les procs que j'ai étudié qui aujourd'hui sont en pénurie, les 22-28nm à conception planaire qui sont aujourd'hui appelé des micro-processeurs, donc je suis de manière amusante en compréhension de cette pénurie qui ne touche pas les ARMv4+, x86_64 et M1 dont les vulnérabilités de conceptions (SPECTRE & co) font que ces CPU vont être probablement écartées du marché des microprocesseurs).


Je peux vous garantir que savoir comme un ordinateur marche est absolument pas requis pour devenir un gourou, ou surtout un codeur vénéré. Je dirais même que c'est un frein.

Pourtant, je crois que c'est une erreur. M'enfin. Ce n'est pas mon propos.


Mon propos c'est la haine des informaticiens pour l'informatique appliquée, la mesure, la validation rigoureuse de la mesure. Bref, la science.


La question est ce que X est mieux que Y (qui est 85% du temps de discussion dans le métier) ne se résout JAMAIS par, les tenants de X font un prototype, ceux de Y un autre, et FIGHT, que le meilleur gagne, qu'on sorte un test de Student sur des séries de mesures comparatives et qu'on fasse un post mortem basé sur les résultats et les coûts opérationnels entre acteurs.


Non, des barbus s'assoient autour d'une table avec une bière, rarement des opérateurs, mais des sages parmi les sages et discutent de ce qui importent, les uns le « time to market », d'autres le « cloud », certains l'« open data », le vocabulaire contrôlé et les impacts pour la société, et la humhum-ocratie (RFC 7282) fait son rôle. Oui, ce fonctionnement de « philosophe » qui copie Platon & co est étrangement un truc en informatique. Vos bases distribuées sont basées sur un texte de Platon concernant des philosophes qui dînent mais n'ont pas assez de fourchettes. C'est ... pas le plus fou des trucs.



Sérieusement, c'est littéralement aussi ridiculement illogique et prétentieux que les dialogues de socrates dans le banquet : c'est de la philosophie.


L'informatique moderne reprend des philosophes antiques les plus connus pour leurs jésuitismes (actuellement, le manuel des jésuites pour gagner des arguments de mauvaises foi dans les débats que l'on retrouve dans l'« art d'avoir toujours raison » est inspiré des manœuvres dilatoires que Socrates usait pour ridiculiser ses adversaires qu'il appelait les sophistes (dont Protagoras)).


Je suis helléniste aussi (j'ai appris le grec ancien toussa) et j'adore ceux que Socrate appelle sophistes pour être honnête. On trouve des gens comme Démocrites (le premier à parler d'atome), Périclès (kof), Épicure (Détournons nous des Dieux qui n'ont aucune bienveillance et profitons de la seule richesse sur terre que sont nos amis), Protagoras (l'Homme est la mesure de toute chose (les décisions absolues à la 10 commandements c'est de la merde)). Vous allez pas me croire, mais je vois dans mon opposition à l'informatique moderne, mon opposition à la philosophie, ou plutôt j'aime pas les philosophes/informaticiens modernes car ils aiment ni la science, ni les ordinateurs, ni l'Humain qui est la mesure de toute chose.


Donc, revenu à ma vie de pauvre je dois tenter d'expliquer simplement à ma femme ce qui ne va pas.

Je lui dis : imagine que c'est du ménage, ce que nous parents aux foyers (par alternance) avons goûté.

Les données, c'est comme des choses dont on a besoin pour effectuer une tâche, un couteau, c'est comme une fonction, un outil qui sert à trancher, un filtre une passoire. Les données, c'est comme quand on fait le repas, on chaîne les postes d'épluchage, préparation ... avec les outils pour faire la recette.

Pour effectuer une recette, on organise la cuisine pour que les aliments (données) les plus courants soient les plus facilement accessibles, on essaie de ne pas courir la planète pour avoir ce qu'il faut, et on tente de les avoir sous la main : si je dois aller chercher les patates au jardin pour une purée que ma fille attends dans 40 minutes : ça va pas le faire.
Autrement dit un élément important de la cuisine comme en informatique est de délivrer le résultat du traitement en temps et en heure, sans se ruiner, d'une manière réaliste qui n'engendre pas un bordel sans nom à la maison.

C'est une question d'originalité contrainte par le budget, la place, l'équipement et l'expérience. Ma femme et moi savons faire du pain, et plus nous travaillons à en faire, meilleur nous sommes.

Cette analogie de la cuisine familiale me convient parfaitement, car elle permet d'expliquer les choses importantes de l'informatique appliquée.
 

Voyez vous quand j'ai été formé à l'informatique en physique on avait le C, le fortran un peu de C++, matlab, spice ... de l'assembleur et pas mal d'architecture différente (MIPS, PowerPC, x86, sparc64, M68K...) dans les labos, et les CPU de ma jeunesse (68K, Z80, 6502) que j'avais programmé étaient devenues ... des micro contrôleurs. Une CPU de mon temps ne mourrait pas, elle devenait un micro processeur/contrôleur.

Comme il était pas facile de tout couvrir avec une dotation mince en heure d'informatique, MAIS que l'outil était primordiale (les cartes d'acquisition de données étant devenues omniprésentes) nos professeurs se focalisaient sur l'essentiel (pour eux) : les structures de données et la performance.

 

Mais aussi la mémoire et le coût en accès.

Un registre c'est l'établi. Le cache L1 ce qui est à portée de main, L2 c'est le truc au fond d'un tiroir, la mémoire c'est dans la maison, et ainsi de suite. C'est très important de se souvenir que l'ordinateur pagine la mémoire par *très* petite tranche (hors TLB) de 4K. Quand la données est pas trouvée en mémoire, l'ordi génère de très coûteuses exceptions (les pages faults) que le mmap sur-utilisé amplifie. Bref, on tente de mettre les données les plus souvent requêtées en relation proche en mémoire les unes des autres de manière compact.

 

Ce qui me navre, c'est que j'ai aucun collègue avec qui quand on conçoit des logiciels pour me soutenir à tenter d'organiser notre code pour planifier ces problèmes. Eux ils sont dans la stratosphère abstraites où des gremlins magiques résoudraient ces problèmes à coup de prédictions, d'intelligence artificielle et autre. Quand je leur dit que leur gremlins ne réagencent pas les données mais que les traitements et donc que ça a moins d'impact, je touche du doigt ma profonde solitude dans ce métier. 

 

J'ai appris le C K&R à coup de pointeurs, tableaux, listes chaînées, tableaux circulaires et on laissait les arbres binaires, heap, priority queues aux informaticiens. Notre boulot c'était le « big data » : ingurgiter des séries temporelles pour en sortir des infos comme mesurer les points d'inflexions, les pentes ....

 

C'était aussi de lancer des milliers de simulations dans des espaces de phases pour en obtenir des chiffres simples comme juste un graphique projetant les valeurs importantes sur une courbe. Une simple courbe, et ultimement son interprétation qui va se résumer à une valeur.

 

Typiquement, notre formation consistait à apprendre à distiller de la données indépendamment des langages, des architectures, des domaines de la physiques (haute énergie, physique des matériaux, physique statistique, quantique....) et pourtant notre formation était tout sauf abstraite.

Elle consistait à bâtir à travers les TP une intuition de la donnée, de sa vitesse d'accès et de ses limitations. Et cette formation est aujourd'hui ... disparue.

Je me vois comme non un ingénieur, mais un ouvrier qui a son CAP. Comme un cuisinier, un boulanger, un menuisier. Sans ma formation, je ne saurais rien faire, mais ma formation n'apprenais pas à créer elle ne levait que des freins techniques sur la chose la plus importante : LA DONNÉE et son traitement de masse efficace. Et l'information, c'est le petit chiffre ou fait que tu obtiens à la fin qui importe. En fait, une fois que la donnée est traitée, validée, confirmée on peut l'effacer car ce n'est que du bruit et garder la seule chose de valeur : l'information qu'on a apprise.


Un peu comme la réaction de Maillard du cuistot, monter une sauce au beurre, panifier ... des choses dures à découvrir seul et nécessaire pour obtenir des résultats, pour devenir en capacité à construire. C'est comme les aliments qui disparaissent. Ce n'est pas le processus de cuisiner qui est important, c'est juste le plat à la fin qui importe.


L'informatique appliquée ce n'est pas qu'apprendre de la technique, c'est aussi apprendre une hygiène de pratique, une rigueur bordélique dont le praticien créant ses outils devient la norme et resté concentré sur la production.


Comme quand on cuisine pour toute la famille toute l'année on bâti une intuition de comment travailler efficacement, à pas cher, nourrir tout le monde en temps et en heure. C'est pas une « vocation ». C'est un truc qu'on sait faire avec des gestes pratiques.


Genre, toujours commencer et terminer avec la cuisine propre. Ça permet d'éviter les erreurs.

 

De la même manière je trouve sain de pouvoir démarrer mes journées au travail en informatique en allumant l'ordinateur. J'ai connu des boîtes où il y avait tellement d'outils à avoir en fonctionnement pour savoir où tu en étais (tableaux de bord, revue de code, VPN ...) que partir de rien impliquait 30 minutes à 1 heures selon les projets à juste commencer de travailler pour savoir où l'on en était. C'est nawak en terme de charge mémorielle et intellectuelle.


La propreté c'est aussi d'utiliser l'espace au mieux et de bien ranger les choses, un peu par « catégorie » comme s'en gausse les experts bibliothéco-mystiques du métier, mais surtout par confort.

Évidemment que les épices sont mieux « ensembles » pour les trouver. Pas forcément triées, juste côte à côte ...
Les périssables qui aiment pas la lumière aussi (patate, oignon, échalotte)...

Les outils dont j'use le plus fréquemment (couteau d'ordinaire, épluche légume, couteau de découpe) sont sur l'établi que je laisse dégagé le plus possible.

Je prépare mon travaille en fonction des temps de chaque choses.


En informatique, l'expérience permet d'obtenir la même chose.

Un répertoire avec les scripts qui permettent de faire des tâches triviales personnalisé pour mon usage (recherche de chaînes de caractères dans les dépôts, visualisation des différences...). Bref, mon ordinateur au travail est un peu comme mon établi. Il correspond à ma pratique, à l'argent que j'ai ou pas et il est minimaliste, et personnalisé à mes usages, ma pratique.


Si une chose doit l'emporter sur toute chose dans les débats sur les outils pour moi, c'est le confort de l'utilisateur, et aucun utilisateur n'a la même notion de confort car il n'a pas forcément la même spécialisation, les mêmes handicaps ou au contraire sur sensibilité. Par contre, l'informatique moderne nous oblige à être beaucoup d'utilisateurs distincts.


Si un codeur n'est pas un spécialiste de base de données, c'est dur d'être codeur sans avoir à toucher aux bases de données. Donc, on a aussi besoin tel un cuisinier qui fait des desserts et use d'outil de pâtissier d'autres outils.

Et de même que comme ma cuisine est petite je me contente d'outil peu encombrant (exit les robots, vive les outils mécaniques) et facile à mettre en œuvre, et bien en informatique j'aime bien des outils simples robustes faciles à prendre en main une fois que l'on a pratiqué. Oui, j'aime mes shell d'OS, de base de données, mes éditeurs de textes minimalistes et mes lignes de commandes.


C'est MA pratique. Je ne l'évangélise pas car elle n'a de sens que vis à vis de mon expérience.


De même, je ne pense pas que les outils que j'utilise sont les meilleurs et qu'il faut les imposer.

Tenez, j'ai acheté un spiraleur récemment, car faire le pain soit à la main, soit au robot à main c'est éprouvant. En fait, je vais le revendre car ... il pétrit très mal. Heureusement que je sais faire le pain sans, car sinon j'aurais pas su que ce robot est une merde. On peut faire du pain sans l'outil que tout les boulangers pros ont. Par contre, ma farine, c'est de la farine de froment (que les minotiers appellent blé alors que ce n'est pas du blé) de minotier type 65 conforme à la loi 1997 sur la baguette française de tradition. Pourquoi ? Parce que c'est le facteur qui apporte le plus de changement dans la panification. Et c'est bien de comprendre ce qui est important. Et quand j'aura la maille, je me pétera un bon spiraleur, car c'est quand même vachement pratique.


De même en informatique, il y a des choses que seule la pratique répétée, remettre l'ouvrage des centaines de fois sur l'établi apprend.


Comme gérer les versions c'est bien. Mais, les outils de gestion de versions sont parfois comme mon spiraleur : merdiques. Il faut savoir ne pas surinvestir dans l'apprentissage du robot, mais apprendre à se concentrer sur le résultat final : bien gérer ses versions. Ça peut se faire sans outils (même si c'est éprouvant), à l'ancienne, en faisant des archives, bien nommées, déposées à des endroits connus bien documentés.


Bref, je suis solitaire dans ma pratique de l'informatique, et isolé car j'ai refusé d'être un philosophe. Néanmoins, je me suis fait des codes persos dont je suis fier qui me permettent quand je sors de l'entreprise de m'en foutre. Comme un employé mc do qui invite ses potes en faisant ses beignets de lentilles corail au basilic thaï et aux épices et qui regarde la cuisine qu'il pratique au travail distincte de celle de la maison. Au travail, et bien, je dois admettre qu'en général, ma philosophie c'est vivons heureux vivons cachés.


Le dogmatisme intellectuel qui y règne et dégénère en bataille d'école de pensée basée sur des concepts qui n'ont aucune application pratique prouvée ne m'intéresse pas. Malheureusement, en entreprise, ce n'est pas du code que l'on produit, mais du discours.

Pour une ligne de code il n'est pas rare de devoir envoyer des 10 aines de mails pour expliquer pourquoi il y a un bug à corriger, pourquoi laisser un trou de sécu n'est pas une bonne idée, pourquoi ce serait bien de l'intégrer à la prochaine publication, pourquoi cette tâche qui ne rapporte pas d'argent doit être faîte, écrire LES patchs avec un titre et la description de ce que ça fait (ce qui dans ce cas fait partie de l'hygiène) ...

 

Je pense que j'ai dans mes derniers postes atteints le facteur 10000 entre le nombre de caractères nécessaire à faire un patch (doc amendée, titre et descriptif inclus) comparé à toute les arguties pour faire le job.

 

Disons qu'une fois qu'on a compris qu'en entreprise on est plus un codeur, mais un philosophe ça passe mieux. Mais parfois, on rêve quand même de faire de l'informatique.

Survivre à la famine à venir quand y'a pu de marché

L'état du monde et la réalité physique ainsi qu'économique sont durs. Surtout quand des acteurs décident de ne plus échanger leurs ressources alimtenaires (Chine, Inde, Russie, Indonésie = 25% de la population mondiale).

Notre passé coloniale à entraîné une hyper spécialisation agraire rationnelle mondiale des productions. Pourquoi ? Quand le transport coûte pas cher, cela coûte plus en ressource de maintenir la diversité (et ça permet l'industrialisation basé sur l'emploi d'ouvriers non qualifiés permettant de diminuer les coûts et de diminuer la production locale).

Je ne juge pas le colonialisme ici, on va dire que c'est « rationnel » quand tout les pays ne font qu'un, que le marché marche, les transports transportent et que les consommateurs consomment. L'Union Douanière du Saint Empire Germain ressuscitée (et moults autres empires).

Mais, Anne ma sœur âne, que ne vois tu la poudre qui poudroie ?

Bon, là l'Inde et le Canada viennent de se prendre un phénomène nouveau, probablement lié au changement climatique : des sécheresses éclairs « sèches cheveux ». De l'air surchauffé, sec qui passe dans les récoltes et les nique en un claquement de doigt.
Bon, on va dire qu'heureusement les assurances sont là pour que l'année prochaine nos agriculteurs cultivent même si ils perdent leur récolte (enfin, les assureurs des assureurs (les ré-assureurs) préviennent que bientôt le risque climatique va être impossible à couvrir).

Donc en premier on a une augmentation systémique des risques de perte de récolte en amplitude et en fréquence. Ça sent pas bon, surtout quand l'assurance chouine sur le sujet. (Les assureurs aimeraient bien faire classer l'effet de l'activité humaine sur le climat en catastrophe « naturelle » (donc non couverte par les assurances)).

Ensuite, il y a un conflit. Le conflit qui dure montre que l'on est parti comme pour toute les guerres éclaires qui sont sensées durées 2 semaines en un truc qui dure à minima un an (les militaires sont pires que les informaticiens pour mal estimer leurs dates de livraison, et pourtant ils restent en poste depuis des générations, va comprendre charles)

Il y a la partie chiante : la guerre dans 2 pays gangrenés par la mafia et la corruption qui voient une opportunité de business. Ils ont des otages (blés, matières premières, engrais, combustibles) et les négocient face à l'ordre établi un changement rapport de force avec l'occident.
La russie veut être payée en rouble, l'ukraine en profite pour négocier des prêts avantageux sur les marchés malgré une note des agences de notations assez basse (B- == va avoir du mal à rembourser). Et pendant ce temps, blé, engrais, matière première ne circulent plus.

Et les pays non alignés (hors G7) commencent à trouver que l'ordre actuel méritent effectivement d'être questionné dans sa répartition de la valeur et des vaccins COVID qu'ils ont toujours pas digéré.

Donc, je dis pas qu'il y a un vent de changement géo-politique que je saisis totalement, je dis que je ne vois pas le futur, mais on sent qu'il prend la tangente avec le présent et qu'on est pas garanti rester dans les 6 grandes puissances économiques avec 2.3% de la population longtemps.

Ça fait quand même depuis un an que la Chine et la Russie bloquent leurs exportations d'engrais, et que l'Inde subventionne les engrais pour 1.4 milliards d'individus. Alors évidemment, si ils exportent du blé aux engrais subventionnés, l'Inde qui est proche d'une crise économique va peut être voir la richesse de ses riches agriculteurs croître, mais elle va perdre l'énorme différence en terme de subvention (mutualisation des risques, privatisation des gains) qui entraînera une indisponibilité sur le marché local (c'est déjà en cours)).

Le plus important sur les engrais c'est la part que cela représente dans le coût des céréales.

Les engrais à eux seuls c'est 1/5é du coût.

 At $1,000 per ton, the average retail price of urea declined slightly from last month. The nitrogen fertilizer is still 94% more expensive than at this time last year. (DTN chart)

 Un coût qui a fait fois trois en 1 ans.

Alors je décompose pour 100 unités produite à un cout unitaire l'évolution :

Avant 5 ( 4 + 16 ) = 100, après 5 ( 4 x 3 + 16 ) = 140 (en hypothèse sans inflation) soit 40%

Le lait, la viande sont en rendement moindre que manger les céréales, donc l'augmentation attendue pour la viande et le lait sont significativement supérieure à 40%.

La bonne nouvelle c'est que vous pouvez couper sur la viande, la mauvaise c'est que la carence protéiniques s'installe vite et est beaucoup plus dangereuse pour le corps que la carence calorique.

Donc avec des salaires gelés depuis 20 ans, il va falloir arbitrer entre ressembler à un squelette fonctionnel ou un obèse carencé en muscle qui va pas vivre longtemps.


Climat, guerre, crise économique, tout ça c'est transitoire ?

Pas sûr, les emmerdes volent rafale.

Voyez vous, le plus gros fournisseurs d'engins agricoles (8% du marché) John Deere a décidé de faire un modèle de profit à la apple : des trucs hyper high tech, connectés, blindés de puces, irréparables. Aussi, John Deere paie mal ses employés donc john deere a des grèves. Donc, ça crée des perturbations dans le marché des équipements et de l'exploitation agricole (sur fond d'une crise logistique présente depuis 2 ans et demi à cause du COVID). Un tracteur irréparable qui dépend du cloud pour démarrer quand la maison mère fait faillite, ça marche tout de suite beaucoup moins bien.

La presse a été très discrète sur le fait que nos œufs « issus du plein air » sont enfermés depuis 9 mois à cause d'une épidémie animale de grippe aviaire costaud transportée par les oiseaux sauvages (durs à contrôler).

Je vous passe le fait que nous stressons les terres avec une mauvaise gestion de l'eau pour permettre à nos agriculteurs de faire des profits et que l'eau ça devient un sujet pour arriver à la partie amusante (aussi amusante que 9 millions de morts) : peut-on survivre à une famine mondiale ?

Ben vi, substitutions, agilité, main invisible du marchés, peu importe que l'on doive manger du manioc, du riz ou du topinambour, le marché assurera l'approvisionnement et le transport de la nourriture de manière optimale ?

Lol, vous y croyez ?

T'as plus un radis le rôti dominical vaut une semaine de salaire, tu vas pas acheter le rôti, et si ton éleveur fait faillite, ça va faire du manque à produire l'année suivante, et c'est pas en 2 ans que tu convertis une exploitation.

Vous voyez-tu le monde est en gros chaos économique qui risque de détruire au niveau macro et micro la capacité de production. Les sociétés cotées en bourse qui ont des positions dominantes sur les marchés sont dans la panade, les marchés sont soit en bulle et divertissent les ressources à investir vers le gain immédiat non productifs (le luxe, les dividendes), soit se préparent à une crise de solvabilité soit des consommateurs, soit des producteurs (=> faillite des entreprises).

Sans argent, comment investir, embaucher, maintenir ? Sans engrais, machines agricoles, infra de transport, comment produire ? Que ce soit une crise des marchés par l'offre ou la demande, les 2 puent la merde. Un peu comme quand il y a une guerre.

Mais bon, le marché va nous sauver, le deus ex machina du progrès va descendre sur terre comme le processus Haber ?

Lol, non.

Avec les taux d'intérêts qui montent, la planche à billet pour riche qui s'arrête, le marché action n'est plus intéressant. Toutes les entreprises cotées ont vécu comme des cigales car leurs actions leurs permettaient de vivre en faisant des emprunts accotés à leur valeur boursière. Le management, notamment financier va coller moult entreprises qui SAVENT et PEUVENT produire en faillite. Et on peut pas les sauver. Parce que la culture d'entreprise change plus lentement que le monde évolue. L'éducation ça met des décennies à adapter sa sélection au mérite à la réalité existante. Là on forme du golden boy cocaïné modèle années 90 qui se baigne dans des baignoires de champagne (tom cruise) à diriger des entreprises dans un contexte de rareté des ressources et des fonds. On aurait plus besoin de profils amishs moi je dis.

Donc, on coupe les vannes de la R&D (qui est coûteuse pour être concurrentielle). De plus nos minerais sont au taquet car pic de Hubert ou pas, le coût des carburants qui augmente renchéris le coût un peu du transport, beaucoup de l'extraction. Donc, investir dans une usine qui produit en transformant de la matière première ou faisant croître des plantes devient chaud et risqué, et on sait pas (plus) produire des tracteurs, moissonneuses batteuses, foreuses, ordinateurs, vraquier en bois.

Je connais pas le futur. La crise pourrait être transitoire. Mon estimation canonique pour le futur est toujours tu prends là où tu es, tu regardes d'où tu viens, et tu dis arbitrairement que le futur c'est une fois en durée le passé.

On a mangé 2 ans et demi de crise (qui n'est pas fini) qui est amortie par des stocks de devises et biens qui vont finir par se tarir. Moi je vois cette crise durer encore 2 ans et demi.

 

Retour dans le passé : la plus grande famine mondiale moderne a eu lieue ~ 1942 et 1943. 9 Millions sont morts alors que le blé, le riz, les patates étaient là.

1.5 Millions au Vietnam que la France avait laissé au soin du Japon tout en collaborant militairement activement contre les alliés dans le Pacifique.

2.4 Millions en Chine, 2M en URSS, 2M en Inde, 500K en Europe ... Plus que la Shoah, mais comme la famine a moins touché les riches, on en cause pas dans les livres qui ne parlent jamais que des grands hommes.

Il y a une condition supplémentaire pour avoir accès à la nourriture : que la nourriture soit transportée.

La spécialisation agraire, par exemple n'est rentable que tant que le prix du gaz/transport est faible, voir simplement que le transport est possible.

Au Bengale en 1943, la crise a été une crise de transport. Le blé, le riz était là pas loin, on a juste oublié de le transporter car le gouverneur général colonial avait oublié. Ooops, lol, un million de mort pour avoir oublié un petit détail dont l'histoire s'en fout car c'était juste du pauvre.

En France dès l'occupation les rations journalières accordées par l'occupant était de 1200 (1940) à 1000 calories (1941). Je vous affranchit on a besoin d'a minima 1800 calories journalières pour ne rien perdre.

Genre, la guerre, c'est pas trop non plus propice aux affaires. Donc comment la france a-t'elle fait pour survivre (sachant que c'est 50% des besoins journaliers) ?

Grâce aux beaufs (BOF (Beurre Œuf Fromage renommés Beauf (comme beau frère) par Cabu). Ces profiteurs de la guerre (certains de vrais sales profiteurs) qui ont maintenu un marché noir.

La haine du BOF est un peu la haine du nouveau riche qui a réussi quand ça énerve la bourgeoisie qui elle avait émigrée sous des cieux plus calmes (Suisse, USA, amérique du sud...).

Ok, il y a eu du profit de fait. Mais passer une ration alimentaire sans morts de faim pour une grosse population de 1000 à 2000 calories par jour (en ville), protéines comprises sachant que c'était une activité de la production à la livraison illégale, ça demande de l'organisation.

Ça demande déjà de ne pas surfavoriser certaines couches de la population (genre les riches) au détriment des pauvres, ça demande de la résilience, des réseaux, de la confiance, des complicités larges.

Un marché noir c'est pas qu'un BOF, c'est aussi des citoyens qui ont leur poules et leurs clapiers qui vendent leur surplus au BOF, c'est un milicien un douanier qui pour nourrir sa famille ferme les yeux sur un commerce qu'il sait illégal, c'est un chauffeur de transport en commun qui prend des paquets et enveloppe de la campagne pour le livrer en ville sans poser de questions, c'est un consommateur qui ne va pas se plaindre à l'administration, des truands qui évitent de dévaliser ceux qui les nourrissent. 

C'est toute une société qui s'adapte et hausse les épaules face à une société formellement défaillante et qui l'ignore.

La survie de notre société ne passe pas par des communautés isolées de rambo de films de zombies ou survivalistes où l'Homme est un loup garou pour l'Homme, mais bien au retour à une société ou production, commerce, transport se relocalisent.

Il y aura peut être un tabou nécessaire à faire péter : celui de la propriété privée. Quand une terre est vide, même pas en jachère, mal entretenue, on devrait avoir le droit de l'exploiter si on la maintient en production et qu'on écoule localement ce qui permet la subsistance.

Voilà, notre survie va passer par l'espoir que dans notre mémoire collective se souviennent de comment organiser un marché noir plus efficient que le légal, le temps de préparer la société aux changements que nos pachydermesques structures de pouvoirs que des années d'abus ont transformé en système d'incompétence décadente basé sur népotisme, la corruption et le copinage sont incapables de prendre en compte le temps que les parasites tombent d'eux mêmes.

Je propose qu'on se repose sur le réseau déjà présent de dealeurs des cités qui ont fait leurs preuves depuis des décennies.

Wesh, wesh, t'as une livre de lard ?

Il est fumé, c'est de la bombe ! 5€ !

Yo, tu me sauves la vie cousin.

Et de votre coté, peut être que face à la pénurie de moutarde vous savez encore préparer les moutardes à l'alliaire commune, l'ail des ours, des pesto à la cébettes, avez un poulailler, savez brasser à 1.2€/l du vin ...

Peut être que vous serez accueilli pour vendre les produits : wesh, paraît que t'as de la moutarde à l'alliaire, tu me fais le pot à combien ? 4€, c'est trop cher frère, remarques, lol, y'a plus de moutarde en magasin, à 6€ si le goût est bon, ça va bien se vendre. Deale, t'es mon fournisseur. Dis, il paraît que tu fais le pain à 4€/kg et qu'il se conserve 3jours contre celui du boulanger qui coûte 4.5 et se conserve un jour. Je crois qu'on a un marché, on teste tu me fais une série de 3 les dimanches pour commencer ?

 

Bref, quand nos dirigeants sont cons, on est pas obligé de se laisser mourir comme des moutons, et on peut toujours s'adapter.

Pire qu'une crise économique : c'est la disparition de l'économie

 J'aime le grec ancien, j'aime étaler ma confiture hellénistique : l'économie ça cause d'échanger des ressources, entre nous. Potes ou ennemis.

Quand l'économie va mal, les échanges diminuent, quand elle va bien les échanges augmentent, mais le pire -surtout quand on est pas auto suffisant- c'est quand les échanges disparaissent.

Tiens imagine, t'as comme dépense incompressible le blé. Pas le froment, le blé.

Et t'as les 5 plus gros fournisseurs mondiaux qui disent nop, t'en auras pas. 2 sont en conflit et sont soit sous déni de relation commerciales soit sous l'effet de la destruction de leurs infrastructures, l'un subit une crise d'émeute de la faim et refuse d'exporter, un autre se prend une sécheresse. C'est pas de chance. Mais cette année les échanges sur le marché du blé (dur) vont être sacrément réduits.

Vous pouvez invoquer le fiduciaire (fiduceo = j'ai confiance) ou votre crédit (credo = je croie) sur le marché du blé en disant que vous avez renoncé à cultiver du blé car on vous a dit que c'était une bonne idée, mais quand il y a plus de blé, y'a pu de blé. Et le blé, c'est pas impossible, mais dur à substituer. Surtout en récession quand investir (au moment où l'on en a le plus besoin) devient le plus dur (car en récession le prêt devient plus dur à obtenir).

Donc, la Chine, la Russie la Biélorussie qui arrêtait l'export d'engrais c'était chaud. Mais là on a le blé, la moutarde, la brame d'acier, le tournesol, l'huile de palme dans les tuyaux des produits qui deviennent à terme quasi absent des marchés.

Je ne dis pas trop cher, je dis que moult produits deviennent présent en quantité homéopathique sur les marchés. Genre Michelin qui ne peut plus produire de pneu et est à l'arrêt car il arrive pas à trouver de noir de carbone.

Bref, je ne dis pas que la mondialisation est absolument un mauvaise dogme, je dis que relativement à la situation actuelle qui est pour le moins incertaine c'est plutôt pas la meilleure idée.

Notre croyance dans l'existence d'un marché où les autres vont échanger des produits qui leurs sont potentiellement vitaux pour éviter les instabilités est un dogme, une superstition, une croyance.

Prenons le cas de l'Inde ou plus récemment du Sri Lanka un pays un poil corrompu qui traverse mouvements sociaux pour la récolte du thé et émeutes de la faim. Si, ils exportent et ont des troubles, ils ne peuvent plus exporter d'autres biens (thé, cortisone, riz) et la crise s'aggrave, il est donc dans l'intérêt des marchés que les pays n'exportent pas, mais d'autres de nos fournisseurs (maghreb) ont besoin de blé. Si le marché devient déficient pour d'autres, surtout pour des ressources importantes dures à substituer alors, le marché peut aussi disparaître pour d'autres ressources.

Le marché est très fonctionnel quand il s'agit de gérer les excédents globaux, mais il marche moins bien pour allouer la ressource en cas de pénurie. Si on laisse les riches faire pendant une pénurie : ils achètent la quantité dispo sur le marché et usent de la rareté pour faire des profits. Un peu comme avec les tickets de concert pour un festival. Si on leur fait une remarque ils diront c'est immoral mais pas illégal, et si c'est pas moi qui le fait ce sera un autre. On aura aussi un couplet sur l'investissement nécessaire (mythonné aux petits oignons) que la spéculation prétend faire.

Cela revient à créer une situation mondiale généré par le marché où seul le plus fortuné a le droit de vivre.

Ça passe peut être dans certains pays comme en Europe ou Amérique du Nord, mais, ça passe moins bien dans d'autres cultures. Même si l'Inde refuse de vendre son blé sur le marché global elle est en discussion avec des pays dépendant directement du blé comme l'Égypte pour lui vendre du blé en direct sans l'intermédiation du marché.

Et l'Europe, la Russie, les Yankees sont en train de hurler que c'est pas bien.

Ben vi, l'Inde est en train d'établir un précédent mondial en établissant qu'elle pense pouvoir gérer mieux que les « marchés » l'exportation de ses ressources et se met au commerce par accords de gré à gré sans passer par les plateformes européennes/américaines/asiatiques.

Donc voilà, NOTRE économie existe que tant que NOTRE argent a cours. L'économie peut tout à fait se réorganiser sans nous. Du point de vue du reste du monde l'économe peut exister sans nous.

La Russie peut décider de refuser de nous vendre des matières premières (ce qu'elle fait depuis un an pour les engrais, de même que la chine). Certains de nos partenaires comme l'Algérie pourrait tout à fait arrêter de nous fournir du gaz en échange de blé dur... Et la Russie toujours nationalise les actifs, usines, infrastructure que les entreprises occidentales ont laissé sur place depuis l'embargo économique.

Ce à quoi on pourrait assister est la disparition de l'âge d'or de la financiarisation de tout les marchés. Le fait qu'il va falloir négocier les ressources non sur les marchés avec des traders mais avec des diplomates qui négocient avec des états réaffirmant leur primauté sur le contrôle de leurs ressources et de leurs productions. Il n'y a pas besoin d'être communistes pour avoir une économie dirigiste. Les époques féodales européennes et asiatiques sont des exemples de dirigismes économiques.

Rappelons que le méa culpa colonial occidental est inexistant, et que les conflits mondiaux ont résulté dans les colonies dans des famines et épidémies meurtrières qui en Inde, en Afrique, en Asie ont fait des millions de morts. Autant voir plus que les chambres à gaz, mais on ne parle pas de ces crimes de guerre car c'était des pauvres et selon la logique coloniale des êtres inférieurs. La 2é guerre mondiale a fait entre 2 et 3 millions de mort au vietnam, la famine de 1943 au Bengale 4 millions, si on ajoute la Chine, l'Afrique ... on dépasse la pile de cadavre de la Shoa. Mais devoir de mémoire obligent, on oublie ces morts, car l'étalon de la mémoire est celle du tas d'or réel ou supposé des victimes, et puis c'est la guerre. C'est pas de chance.

Mais, c'est un peu resté dans leur mémoire, l'histoire de LEURS civilisations, vous-voyez ? Et ces pays savent comment nous arbitrons toujours en notre faveur et celle de nos plus fortunés quand les temps sont durs.

La timide réaction des pays non alignés au conflit ukrainien a été le fait de la défiance. Les pays africains ont clairement dit qu'ils se défiaient des puissances occidentales. Dès le début, ces pays souvent consommateurs de blé dur ont bien vu que le conflit russo ukrainien sentait les émeutes de la faim pour eux, ils ont constaté le traitement raciste du statut de réfugié, et ne voient pas forcément les guerres comme des évènements glorieux avec des gentils contre des méchants.

Ce que tout le monde voit, c'est que la colonisation est 300 ans de guerres globales par les européens a vidé les sols occidentaux et de leurs dominions de ressources et minerais. De plus, comme tout empire, les occidentaux favorisent le négoce à la production, car c'est dans la logique d'optimisation économique d'un empire de spécialiser les production des régions. Ça permet des économies d'échelle qui rendent celui qui contrôle le marché plus à même de faire des bénéfices. C'est notre modèle économique civilisationnel : celui d'un modèle d'empire avec une union douanière.

De plus, un truc que vous avez oublié c'est qu'avec la récession vient : les guerres monétaires.

Quand l'inflation augmente, les salaires augmentent, les épargnes fondent, mais surtout la monnaie se dévalorise comparées aux monnaies des pays avec moins d'inflations. Plus l'inflation augmente, moins pour 1€ constant vous ne pouvez acheter de ressources ou matières premières. Le jeu est donc pour les banques centrales de dévaluer le plus tard possible, le moins possible. Ceci au détriment du pouvoir d'achat des modestes et de leurs épargnes.

Ce qui est un bon calcul, si tu es avec la monnaie la plus forte, peu importe que le marché tangue, si ton pouvoir d'achat augmente comparativement aux autres, tu peux toujours acheter plus. Ça marche si le peuple est pas déjà en situation critique financièrement comme dans moult pays du monde (amériques du sud, sous continent indien, afrique du nord, une partie de l'asie du sud est) où la dévalorisation a déjà démarré pour permettre aux économies nationales de respirer. Mais le problème, c'est que ces pays ne peuvent dès lors plus faire face aux émeutes de la faim en s'approvisionnant sur les marchés. C'est par anticipation que contrairement au dogme économique du 0 stock des pays comme l'Égypte font des stocks. Ils ont 8 mois de stocks en produits alimentaires qu'ils viennent de compléter en achetant en direct 500 000T de blé à l'Inde. Quand on est pauvre et qu'on anticipe l'inflation ou la pénurie : on fait des stocks.

Donc, un élément important des marchés, c'est qu'on fait appel aux marchés tant qu'il y a stabilité, car là on peut faire ses courses un peu à l'avance. Seulement, que ce soit en Inde, au Canada, en Afrique, en Eurasie ou Afrique, les conditions météos rendent incertaines le futur des récoltes, ce qui fait que les réassureurs donc les assureurs commencent à paniquer. Le risque à cultiver est en train d'augmenter, et même assuré si l'assurance ne couvre pas (cause inflation) le dégât d'une perte de récolte ou de cheptel, alors les gens ne peuvent plus s'assurer. Si l'assurance coûte trop chère elle dissuade les comportements prudents soutenables, et participe par sa croissance à l'inflation (non productive). L'agriculture pourrait devenir une activité trop risquée économiquement à terme pour être pratiquée économiquement. Lol.

Notre économie pourrait s'effondrer avec notre civilisation hédonienne qui comme une cigale préfère chanter tout l'été sa beauté supérieure que se préparer aux impacts d'une pandémie, du dérèglement climatique, d'une possible multi-polarisation du monde des échanges qui passerait non plus prioritairement par les marchés, mais par des contrats de gré à gré d'état à état où le diplomatique compte autant que le prix. Dans un tel contexte, sans usines de transformations, sans matières premières, avec des titres de propriétés dans des pays étrangers qui n'hésitent plus à saisir les propriétés étrangères, avec les séries de décisions égoïstes du bloc occidental (comme le refus d'ouvrir la propriété intellectuelle sur les vaccins COVID), il est possible qu'un bloc de pays non alignés voit le jour qui décide de nous écarter de leurs échanges commerciaux.

Non par haine de l'occident, mais par nécessité de survie, pour pouvoir continuer à nourrir les populations et leurs permettre de vivre. Un choix que l'occident ne souhaite pas faire. La misère, la mort de ses populations vulnérables l'indiffère. Dans ce contexte, il est possible que de nouvelles alliances économiques et diplomatiques se lient et que les mécanismes de commerce international et d'arbitrage qui sont une relique coloniale puissent disparaître car ne répondant plus au besoin d'acheteurs dont l'intérêt est d'éviter spéculation, et manipulation des cours par des acteurs nationaux du G20/G7.

Qui plus est après 2 ans de hoquet des chaînes logistiques, des pénuries alimentaires visibles partout dans le monde, des millions de morts du COVID souvent par manque de vaccins les gens ont ils encore confiance (fiduceo) croient-ils (crédit) encore dans la capacité des marchés à répondre aux défis actuels ?

Du point de vue occidentale sûrement, mais mettez vous à la place de l'Inde, la Chine, l'Afrique, l'Asie du Sud, l'Amérique du Sud ... bref de 70% de la population mondiale et de leurs dirigeants dont l'Occident dépend pour rester riche. Vous croyez pas qu'ils sont en train de ce dire qu'ils peuvent faire mieux que le marché en négociant entre vrais producteurs et vrais consommateurs sans intermédiaires ? Dans un monde pareil, la valeur des monnaies deviendrait de fait indexée primairement sur les ressources minières, arboricoles énergétiques et alimentaires, ce qui est étonnamment une suggestion de la Chine concernant la création d'un nouvel ordre monétaire basée sur les ressources. Dans un monde pareil, une zone géographique vidées de ses ressources par un passé ultra belliqueux va avoir une monnaie qui vaut pas tripette. Et uniquement parce qu'on a créé l'arnaque de la propriété intellectuelle avons nous encore des actifs négociables dont nous avons perdus les ouvriers pour produire et opérer ce que couvrent ses brevets.

En conclusion, le montant de votre compte en banque, les peurs quand la bourse monte ou descend, votre patrimoine ne sont plus vraiment important quand le reste de la communauté ne veut plus échanger avec vous. Et c'est un risque réel et raisonnable de dire que c'est un futur possible à terme de 30 ans au fur et à mesure que les crises perdurent et que l'occident refuse la solidarité mondiale sur des enjeux qui menacent le vie de milliards soit par la maladie, la guerre, la famine, le climat ou la misère... L'occident devrait douter de sa croyance dans le fait que l'Humanité est fondamentalement mauvaise et souhaite la mort de l'autre. L'Occident devrait douter du fait qu'il inspire encore crainte et respect. Nous sommes peut être comme Spartes et Athènes, Rome ou Constantinople à la veille de se voir contourner dans les échanges mondiaux. Ce qui techniquement est la marque de la chute d'une civilisation.

Je ne suis pas sûr que nous manqueront à grand monde, sauf peut être à quelques riches touristes qui de toute façon verront avec plaisir et gourmandise l'offre du tourisme sexuel s'enrichir quand la civilisation se pète la gueule.

How free software has come to sux ?

 I remember free software used to be fun and local. I would say like peasantly pleasant.

We were amazed by how much it would make our « old computers » raise from the dead whereas bros with expensive hardware were stuck with a huge learning curve to do in years what we could do fast.

In my years of coding I learnt one thing : the importance of not building frameworks, but to focus on solving small problem fast and, eventually to draw.


or
  	
#!/usr/bin/bash
chr() { [[ $1 == 0 ]] && echo -n \0 || printf \\$(printf '%03o' $1) ; }
W=$( cut -d "," -f 1 /sys/class/graphics/fb0/virtual_size )
H=$( cut -d "," -f 2 /sys/class/graphics/fb0/virtual_size )
S=$(( $( cat /sys/class/graphics/fb0/stride ) / $W ))

echo -n $( chr 65 )
echo $( chr 80 )
die() { 
    echo "$@";
    exit 1;
}
[[ "$S" == 4 ]] || die "ça va pas marcher"

for ((y=0;y<H;y++)); do
    for ((x=0;x<W;x++)); do
        echo -n $( chr $(( x % 255)) )$( chr $(( y%255)) )$( chr $(( ( x + y ) % 255 )) )$( chr 255)
    done;
done

Resulting in this
result of drawing in bash on a fb

I always loved the fact that if you focus on doing something with all the tools you have and have no « religion » you can go fast on linux, hacking like a brute your way to a result in very few "lines of code".

I used to be a perl monger, go to linux user group, and computing was funnier when it was making relationships between users and without ... gatekeeping.

I do blame linux and the notoriety brought to free software by big corporation to be the problem. Most big companies loves free code and are lousy contributors on more than one level.

But, well, the real matter is not the strength of the companies but the weakness of the community.

First of all, what is the community made of today ?

People craving for fame. Because most free software are poors, while a few one get all the bucks.

If we don't discuss the awesome contributors begging for money to do great work while some incompetent know all but do nothing are living in luxury we are missing something here.

There is a struggle in this community that revolves about gatekeeping and gaslighting. It pretty obvious to me now, that the great offenders are the same responsible  for toxicity in information technology : the bro coders.

There are not only the shiny brod dudes of web3.0 and crypto shit, they are also and most often the well educated from the Ivy League and university alike. They made a hell of the community by imposing their standards.

Coding and getting the job done is not what matters nowadays. It is mostly how you dissert on it, present it, make it available to the community. Free software as become as flawed as public research. People don't want to share their work, they want the fame of being noticed, even project that are already famous steal other people's code without attributing the paternity. I am very disturbed when I check on a python binding on libmagick to discover the « guenine code » from the libmacick python module is posterior to another one, with a different licence, and no attribution. It actually sickens me to see a project already famous doing that to a small contributor doing its job correctly.

I do not count the number of time like in the log4j case coders that are never supported are bullied into working for free and almost insulted. That's the day I am so fucking glad I am not notorious enough to have my code used. People seem to think they have a right to not care of developers state poverty and boss them around for their selfish interests of shining in their own organization.

Well, fuck you the wealthy stinky guys.

Also, you see, I don't like ALL major geeky news website doing a ban on political or polemic topic. There should be a lot of discussion about political outcome of computer usage.

From what is the actual contribution to climate change of our use of computers and the infrastructure they require (electricity does not come magically) to bias in dataset that are then propagated in the software learning from them, to the danger of creating databases of people with their location, sex, age, political opinions and addresses. We could also the discuss the unfair share of value being distributed to the persons actually doing the code in free software community to the one making money out of it. I am not here to actually talk about this, I do rant against the fact we tabooed any political discussions in computer related field for the sake of « avoiding conflicts », and it is making me uneasy. Because, this is only what people profiting from exploitation and bullying do. Hence, we see here a troubling pattern of free software having structured itself in pyramidal structures (fundations, projects) and borrowing all the bad behaviours of clergymen.

First free software has a huge problem of cult of personality. We see the community worthy only for those who are succeeding and present them like stars. Except for events like FOSDEM that are still better.

But, there has been a trending concern of religious like evangelism with technology. If crypto-scam comes into mind, languages, frameworks, « one best ways » of structuring a project comes into mind.

What I call religious is trying to impose views and brushing aside all polemics. Rust community comes to my mind has a language that seems interesting to learn but which community is so painfully arrogant I don't want to code in that language.

I do code in python, but since it structured itself in an elitist community with actually awesome core developers it has become also quite tough to talk to them.

There is like a sectarist way of getting your contributions being accepted. Since all this people are PhD at least you have to use their language and their « commonly accepted wisdom » are non disputable. They refuse critics too and are driving people not breathing with python in disputable death marches.

Among them were the python3, the asyncio death march that I fearly doubt will result in an outstanding improvement in regard to the effort poured by maintainer, the religion of typing.

But, you hear no one complain. And that's what bugs me the most. Coders at the bottom of the pyramid not endure this shit without complaining, they even seems to accept more shit further.

Like our platforms for collaborating have always been a pain in the ass since sourceforge (the old github) and savannah (the old gitlab). Being a sysadmin I hate installing these tools and maintaining them. The tools for ticketing, documentation, peer reviews, interacting online have had a phenomenal bloat in complexity and death by a one thousand cut of attention sucking and ritualisation. I would even in all fairness command line use of git.

Very few in the community seem to think an actual static website with a few doc, an email and tarballs is an acceptable way of sharing code anymore in our modern days. We all have industrial standards for our projects to help the companies rip off our values better so they don't have to adapt to us.

Hence we face a dilemna : either we spend money we don't have in hosting our own tools to be independent and relieve ourselves of the toxic IT like openBSD hermits or we use their tools that puts on us an overload of administrative tasks that are infuriating.

We are buying a world of « one best ways » by convenience. But this « one best way » is often a forced point of view that is based solely on the point of view of elitist cunts that often come out of bias on the « best way to work and having no fun ». Yep, Free Software has been depleted of fun by trying to prove something, like it's where we craft the best tools, and that's when we enter competition that we forget cooperation and cease to be a caring community.

At one point, all the mass of funding in free software is allocated on fame, because some idiots don't actually believe in the community but the « bests among us ». I won't paste the xkcd dependency referring to internet depending on imageMagick being maintained by an obscure one man army in nebraska since 2003 but it pretty much highlight the problem. The fairest way of solving the growing fragility of free software supply chain and dependency would be to ensure ALL humanity has decent wages and enough time for hobbies without distinction of birth, sex, religion, origin, countries, but funnily enough most free software coders I know are ferociously more anti unionist and anything that is close to a society where wealth is shared than the average joe.

I know how it is gonna ends up very soon : with the recession coming, the « great depression » and possibly an internet bubble explosion the mental health of most precarious maintainers and benevolent is gonna be sucked dry. The only sectors that are gonna still pay are organized crime. The acceptable one called government, and the more shady ones relying on scamming the vulnerable ones.

Once out of the keyboard world all this free time spent cut from their local communities and building « real world » skills will leave former free software contributors on the pavement like decaying useless turds with depression.

They will be all the more depressed then they will discover computers prevent us from buying actual reliable production goods. There is a computer with pig coded software everywhere that is brittle that replaced almost all appliance. Even fucking ovens. And we cannot fix them, because by listening to the idiots of « the ARM/USB/IEEE XXXX/ISO/ANSI/W3C/(put any language, platform, cloudish idiocy, framework or OS here)/ is the one best way, », we are cornering ourselves in a world where if you don't have money and comprehension and possession of an outstanding range of hardware equipment and tools we are driven away from even the most trivial hardware manipulation with a computer.

We have basically by denying ourselves the right to be free and raise our concerns helped to build a future in which the skills we honeyed are gonna be useless and we are gonna be powerless.

Diversity matters, but not the one of displaying pictures with blue, yellow, short or tall humans. The real diversity in a community is the social diversity. And since well educated with good intentions took over the playfield of free software ideologically, technically, economically and in public influence, it had become a dystopian aristocratic orwellian nightmare.

The inertia is such I don't believe the tendency will curb any time soon. But, in my new life out of this community I learned to not make the same mistakes again.

First I went back to coding, but only for fun. And I discovered the interesting code for companies has to be boring to use and create. Like confined (github) which basically is a research on how to do a « safe eval » templating language.

Well, no for, no while, no goto, no function, no access to file or hardware, memory, boring binary coded decimal that are harder to use than float an int. You only have a stack to work with and limited number of cycles, limited stack, limited string size. I think I will stop there, because it is not the language I want to build for my daughter to learn computer programming. Fun is inherently unsafe. So I will probably build a new toy forth like uxn forth. Forth are really easy to make into a language.

Secondly, I discovered it is actually faster to have a result in rushing like a boar. Coding requires focus. Our modern tools and ritual of doing stuff the « one best way » (including, CI, tests, docs, trying to gate fame/attentions/recognition) perturbs our precious focus. 

Once you are focused you rediscover the pleasure of getting things done and working. You even achieve results better than the one you envision you could, and it is often by not « following the one best way ». For the fun I installed prompt_toolkit which is a very complete framework for doing command line utility, but I soon discovered I was best done hacking an history saving manually than using there most complete solution. Dependencies are not a problem of creating a weakness and sucking 20 times your code size in dependency for a luxury, they also suck you in a mindset that can conflict with yours that is often your actual best tool at hand.

Lastly by attacking problems that I was told were too complex to be done correctly without using a framework, I discovered that our foundations are more than questionable, often because of aggregated layers of conservatism called necessary progresses crusted in all our full stack from the hardware up to the languages. I am even more and more convinced we should have a talk about unicode, integers and floats, documents, files and the utility of cryptography (except for ssh). All these solutions rose often from brilliant mind having maybe solved the wrong problem and half knowledgeable people being persistent (because money matters) and famous enough  to not only built them but forced their adoptions. This cult of personality that bloats the software world is the same as the one in the real world, at one point. And if it basically destroyed the « virtual » community, it destroys the real world in the same way. I got rid of my « impostor syndrome » by forgetting my ego, and rejecting trying to be a member of a community which values I don't recognize anymore as welcoming (except maybe BSD communities that are a different bunch even in real life and the only one I still frequent).

My final thought is that it is weird that by becoming bigger and valuating so much personal achievement, we have actually destroyed what made communities interesting : ourselves, selfishly. Because when you dilute yourself in the « one best way » of doing progress you actually lose your originality which makes you an interesting asset to the community. You don't need to shine, or be famous to be an asset. You just need to enjoy and have fun not fulfilling the greedy needs of foreigners who don't care, but sometimes you, your family and friends with small improvements. We have lost the sense of helping trivially. I do long for the community computer club were people from all ages and background would gather in a crappy community room to crack games exchange the cheat codes, try to repair old stuffs, help with installing the dreadful printer, experiment, assist others in beginning to code in assembly, solder to replace a burnt condensator...

Oh, I really miss it, and I checked google, according to it there is not a single one in my half a million inhabitant city except in the « MIT » and « oxbridge » like places near me where you guessed I won't set a foot and meet the toxic bros of higher education.